Aujourd'hui j'ai eu affaire à la (in)justice..non je ne suis pas une criminelle...mais à partir du moment où j'ai mis les pieds dans le Palais de Justice (?) je me suis sentie coupable...j'ai été jugée sans avoir besoin d'un procès..et la sentence était très lourde.....COUPABLE A VIE ! Coupable d'être une femme, dans un monde où la (in)justice est une affaire d'homme...où le droit continue à lui donner le pouvoir absolu sur la femme, et où le droit unique accordé à la femme est celui de se taire et de se soumettre...coupable de ne pas aimer comme on me l'a appris...parce que le coeur aussi est soumis à la loi...coupable d'exister et d'oser l'affirmer alors que mon seul droit c'est celui de mourir...coupable des regards, que l'on porte sur nous, coupable du mal que l'on peut nous faire, et enfin...coupable d'être coupable...parce que la culpabilité est l'instrument suprême pour mieux vous écraser...
Au nom de toutes les personnes qui se sentent "invisibles" que leur entourage regarde sans voir, parce que la souffrance et la différence sous toutes ses formes sont évités comme des troubles contagieux..qui peuvent faire réfléchir et remettre en question ceux qui regardent.. cet entourage qui a choisi l'indifférence comme le remède à ses maux et le silence comme meilleur arme...un silence souvent aussi aggressif que leurs paroles.. Au nom de toutes les personnes "transparentes" qui n'ont pu exister qu'à travers le regard de l'autre, un regard qui prétend leur donner leur "valeur", et qui peut en un instant détruire toute leur vie..un regard qui les fait souffrir mais qu'elles continuent à chercher pour pouvoir exister, un regard qui peut les salir ou les embellir au gré de son plaisir.. Au nom de toutes ces personnes "inexistantes" qui mendient un regard, un sourire, une attention..pour continuer à vivre ou survivre..Je lance mon cri !
Il fait lourd ce soir...je ne parle pas seulement du ciel, si chargé de nuages noirs qu'on se croirait enfermés dans une tombe..ni de la pluie intarissable qui ressemble a des pleurs d'enfants..je parle de mon coeur si lourd qu'il me semble surchargé de pierres et de mes yeux remplies de larmes.. de larmes qui ne couleraient jamais..trop de pudeur ou trop de fierté..
C'est comme ca, y'a des jours où on traine la journée comme un boulet..où toutes les douleurs se réveillent et les blessures sont à vif..des jours où on aimerait s'endormir assez longtemps pour tout oublier...mais même si le corps épuisé de fatigue et de douleur tombe dans un sommeil lourd un moment..l'esprit lui, ne lâche pas prise..des cauchemars effroyables..l'angoisse tapie au coin du cerveau attaque à nouveau, impitoyablement...
Je me retrouve à nouveau ce soir devant mon écran, en me demandant si je vais oser partager un peu ce que je ressens vraiment, oser dire les mots et les maux...sans avoir peur des réactions des autres, de leur "regard"..
Derrière cet écran qui me protège un peu, je ne suis qu'une inconnue aux yeux des "passants" du net..ma présence passe inaperçue comme le sera mon absence..c'est à la fois terrifiant et rassurant..de se sentir terriblement présente à cause des souffrances que les personnes peuvent nous infliger...et terriblement "transparente" aux yeux de tous les autres gens que nous cotoyons tous les jours et qui ne voient de nous que notre "masque" au sourire figé...
J'aurais bcp à dire...peut être un jour...pas ce soir...je suis trop fatiguée...
ET VOILA !
Je me lance dans ce blog comme on lance une bouteille à la mer quand on est sur une île déserte...sans trop d'espoirs...sans attentes particulières..sans trop savoir combien durera le "voyage", si la bouteille va s'échouer qlq part ou continuer à dériver longtemps...
et hop ! la bouteille est lancée...l'aventure commence...BON VENT !