27 Avril 2006
Je connais des bateaux qui restent dans le port,
De peur que les courants les entrainent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port,
A ne jamais risquer, une voile dehors.
Je connais des bateaux qui oublient de partir,
ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.
Je connais des bateaux tellement enchainés,
Qu'ils ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter,
Pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter.
Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux,
Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu,
Sur les routes océances où les mènent leurs jeux.
Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini,
De s'épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois , de s'éloigner,
L'un de l'autre un moment, pour mieux se retrouver.
Je connais des bateaux qui reviennent au port,
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils,
Quand ils ont partagés des années de soleil.
Je connais des bateaux qui reviennent d'amour,
Quand ils ont navigués jusqu'à leur derniers jours,
Sans jamais replier leurs ailes de géants,
Parce qu'ils ont le coeur à taille d'océan.
Marie Annick RETIF